Il y a-t-il lieu(x) d’apprendre ?

Quand on parle de formation aujourd’hui, les MOOCs, SPOOCs et autres serious games sont de toutes les parties. L’espace d’apprentissage - jusque-là sanctuarisé - est mis à mal. Difficile en effet de parler « reverse mentoring » ou « parcours individualisés » dans une classe avec un pupitre et un tableau noir. Et le constat ne s’arrête pas là. Pour nombre d’experts l’environnement de travail est aussi un élément clé de réussite dans la montée en compétence. Pourtant, force est de constater que celui-ci est perçu comme un lieu du travail et non  comme un lieu de l’apprentissage.

Comment l’espace peut-il aider les métiers de la formation à se transformer ? Et comment le lieu du travail, peut-il devenir un espace favorisant les apprentissages ? Autant de questions sur lesquelles DSides et Entreprise et Personnel apportent leur point de vue et vous proposent d’avancer ensemble.  

Les lieux des métiers de la formation

Nouvelles modalités, parcours plus individualisés, contenus qui évoluent de plus en plus vite… Plus qu’un simple espace de travail, le « bureau » de la fonction formation doit s’adapter pour devenir être un levier de transformation autour de 3 enjeux majeurs :

Renforcer les liens avec les parties prenantes. Se rapprocher des prescripteurs pour coller aux évolutions des besoins en compétences métier. Comprendre les apprenants pour inventer des modalités attractives s’intégrant à leur activité.

Favoriser l’appropriation des nouveaux outils. Piloter, construire ou animer des formations nécessite de maitriser les nouvelles modalités, idéalement dans des espaces qui permettent de les comprendre, de se les approprier par le « faire » et de les expérimenter.

Pousser la performance individuelle et collective. L’évolution exponentielle des besoins en compétences, le foisonnement des modalités… autant de motifs pour faire plus et mieux, autant de besoins de lieux où l’information circule, où les postures agiles sont favorisées et où le bien-être est pris en compte.

Les campus et autres lieux de formation

Pourquoi, à l’heure du tout digital, continuer à perdre du temps en se déplaçant pour apprendre ? C’est la question à laquelle les lieux de formation (salle ou campus) doivent répondre pour continuer à exister. Quelques éléments de réponse :

Le virtuel et le physique sont complémentaires si l’environnement permet les usages liés aux nouvelles modalités​. Si les salles de formation « classiques » et amphis gardent leur pertinence, il importe de concevoir des espaces répondant aux besoins de concentration, de ressources, ​d’échange​s​ en petits​ groupes, de mise en œuvre et de rencontres de tout type.

Le campus comme seul véritable lieu de rencontre : avec l’interne et avec l’externe. C’est encore l’un des endroits où toute l’entreprise se croise, où l’on se rencontre et où l’on peut partager, échanger, s’enrichir de l’expérience de l’autre. C’est aussi un lieu qui doit favoriser l’ouverture vers l’extérieur, la nature, la ville ou les autres entreprises. C’est un levier pédagogique majeur.

Le lieu qui rend tangible le modèle pédagogique de l’entreprise. Parce que pensés en fonction des métiers, compétences et postures que l’entreprise souhaite développer, les campus deviennent le lieu d’incarnation des façons d’apprendre.

Les environnements du travail pédagogiquement riches

Le travail doit s’appréhender au-delà du résultat qu’il produit et être regardé à la fois comme source de développement pour l’individu et pour l’entreprise : il constitue donc un objet de formation en soi. Cela revient à admettre que l’efficience des processus d’apprentissage échappe, pour partie, à la programmation pédagogique et sa salle de formation.

Loin d’être une menace, cela appelle souplesse, ouverture et « lâcher prise » par la fonction formation : il ne s’agit pas d’imposer des modalités, mais d’accompagner ces processus parallèles : embarquer les managers pour adapter l’organisation du travail, penser les espaces pour créer des lieux ressources et animer des communautés de tiers pour accompagner les apprentissages.

On peut alors multiplier les opportunités d’apprendre (réseaux sociaux d’entreprise, communautés de pratiques, échanges informels, immersions, missions et projets internes hors du champ immédiat de compétences…) et créer de vrais lieux pédagogiquement riches !